



Une journée passée au coin de la pendule…
Je rentre ce soir d’une journée un peu particulière. Enfermé dans une salle à regarder des joueurs d’échecs. Des blancs, des noirs, une pendule. Des français, des angevins, des nantais (dont 4 du cercle d’échecs de Nantes) et même des bulgares (pas dans le genre bavards mais des bulgares gastronomes, adeptes des bonnes tables).
Au réveil, à dire vrai, je me suis demandé pourquoi diable j’avais promis à Simon de l’accompagner à l’open rapide Muffang (je ne le
connais même pas ce Muffang…- renseignements pris il s’agit d’un joueur Angevin - ). Et ce d’autant plus que la température de ce dernier dimanche de novembre était
bien loin de me rappeler la douceur
angevine. Sans parler de l’éclairage – clinique – de la salle Thiers qui accueillait ce jour les adeptes de l’échiquier.
Mais une fois sur place, après un bon petit café, je me suis très vite pris au jeu.
J’ai écouté. Le bruit des noirs qui appuient sur la pendule. Le bruit des chaises qui reculent mais ne renoncent pas. Le bruit du cavalier qui avance, masqué, à pas de velours.
J’ai observé. Les yeux des joueurs, avides, qui matent la pendule et leurs adversaires. Les doigts qui s’agitent, encaissent les coups et recherchent les (bonnes) ouvertures. Les têtes qui se prennent, dans les mains, dans le tapis, parfois.
JAOUEN Valentin
Je me suis amusé. De ces appariements, incertains, qui annoncent le menu des réjouissances. De ces joueurs, empressés, qui digèrent les grilles américaines, parfois salées. De ces arbitres, solennels, qui rappellent les consignes.
Je me suis délecté. De cette ambiance studieuse et conviviale à la fois. De ces rondes de (bons) joueurs.
De cette succession de déceptions et de gains.
Magie des échecs qui met face à face des vieux monsieur grisonnants et des jeunes pousses en devenir. Magie de ces jeunes qui apprennent, par leurs échecs, à être plus fort. Magie de ces joueurs anonymes qui ne se connaissent pas ou peu mais qui se respectent déjà.
Et puis, aussi, je me suis senti utile. Utile comme un roc quand il faut réconforter le jeune joueur dont le roi s’est trop vite retrouvé sans défense. Utile aussi, soyons franc – ou plutôt euro - , quand il faut alimenter en énergie et en barres chocolatées les estomacs, avides de revanche.
ROUSSEL Simon
Au fait les résultats du club (mais finalement cela paraît bien accessoire) :
- le bulgare Dimitar MARHOLEV fait main basse sur Muffang et remporte la mise (6 points)
- Valentin JAOUEN termine deuxième meilleur jeune (4,5 points) et n’est pas peu fier de son trophée (en plastique bleu s’il vous plaît)
- Gilles AUDRAIN termine en milieu de classement (3 points)
- Simon ROUSSEL termine courageusement en queue de peloton (1 point) mais a beaucoup appris au contact de joueurs plus capés.
Tous les résultats : CLIQUER ICI
Merci à nos jeunes qui nous permettent de vivre ces moments là. Et merci à Jean-Claude qui, comme moi, faisait partie de ces observateurs privilégiés.
Merci à JB Roussel pour cet excellent article.