Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /2008 06:32

 

 Gambit du roi

 

Voici l'analyse moderne voire définitive, d'une fameuse partie jouée entre Anderssen,A et Kieseritzky,L à Londres, en 1851, partie dite "Immortelle".

 

Adolf Anderssen - Lionel Kieseritzky
Londres, 1851

1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Fc4 Dh4+ 4. Rf1 b5

C'est Kieseritzky qui a découvert ce coup. Le but est d'écarter le fou du roi de la diagonale a2-g8, tout en préparant une attaque ultérieure de pions.

5. Fxb5 Cf6 6. Cf3 Dh6

Ici, les noirs se trompent. La place de la dame est en h5. Ce coup vient à l'encontre de la suite logique du coup en 5.

7. d3 Ch5 8. Ch4! Dg5 9. Cf5! c6 10. g4 Cf6

Les noirs sont maintenant acculés à la défensive.

11. Tg1!


 

 

Ce magnifique sacrifice du fou ôte tout espoir de contre-attaque aux noirs. Les pièces noires développées doivent retourner à leur base.


11. ... cxb5 12. h4 Dg6 13. h5 Dg5 14. Df3 Cg8

 

À cause de 15. Fxf4, les noirs sont contraints d'assurer une case de retraite pour leur dame. Un cas tragi-comique !


15. Fxf4 Df6 16. Cc3

 

Toutes les pièces noires sont revenues à leur base, ou presque.


16. ...Fc5 17. Cd5! Dxb2 18. Fd6! Fxg1

 

Les noirs ne peuvent prendre le Fd6, car la suite est forcée : 18. ...Fxd6 19. Cxd6+ Rd8 20. Cxf7+ Re8 21. Cd6+ Rd8 22. Df8 mat. Les blancs ont une telle avance de développement que la décision ne saurait tarder.


19. e5!

 

La dame noire est privée de la grande diagonale. Une menace de mat, commençant par 20. Cxg7+, est aussi dans les airs.


19. ... Dxa1+ 20. Re2 Ca6

 

Kieseritzky s'imagine que la menace de mat est écarté, car la case c7 est protégée. C'est maintenant qu'Anderssen le surprend !


21. Cxg7+ Rd8 22. Df6+!! Cxf6 23. Fe7 mat

 

 


 

La coordination des pièces blanches, au nombre de trois, tout comme la position des pièces noires, toutes présentes sur l'échiquier mais mal coordonnées, ont mérité à cette partie le qualificatif d'immortelle. « Les Blancs terminent par un mat "modèle", c'est-à-dire que toutes les pièces blanches participent au mat, mais que chaque pièce blanche ne contrôle qu'une seule case du réseau de mat. Falkbeer, qui publia une analyse détaillée de cette partie en 1855 dans la magazine "Wiener Schachzeitung", décida de l'appeler "l'Immortelle". ».

Par JC JAOUEN - Publié dans : Histoire - Voir les 0 commentaires
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